
UN EXERCICE AUTOUR DE L’EXPOSITION MENE AVEC DES ELEVES DE 2DE, 1E ET TERMINALE INSCRITS AU COURS DE PORTUGAIS DU LYCEE MONTAIGNE (PARIS) EN ENSEIGNEMENT INTER-ETABLISSEMENTS (EIE) EN 1e, 2e OU 3e LANGUE VIVANTE ETRANGERE (LVA, LVB, LVC).
Le mercredi 8 octobre 2025, les élèves de 2de, 1ère et Terminale du cours de portugais en EIE du lycée Montaigne ont visité l’exposition « Chansons de l’exil portugais à l’aube de la Révolution des Œillets (1974) » accompagnés de leur professeure, Delphine Vanhove.
Issus de plus de 20 lycées d’Ile-de-France (Paris et Seine St Denis – Aulnay-sous-Bois, Sevran), ces élèves fréquentent ce cours une fois par semaine à raison de 2h le mercredi après-midi.
L’objectif de cette visite était triple :
- apporter un éclairage, au regard de l’état actuel des recherches, sur le rôle et l’œuvre des artistes exilés durant la période de l’Estado Novo, cette entrée recoupant plusieurs axes des programmes officiels de portugais de l’année scolaire 2025/2026, tels que la « Représentation de soi et le rapport à autrui » et « Le passé dans le présent » en 2de,
ou encore « Identités et échanges », « Art et pouvoir » et « Innovations scientifiques et responsabilité » en 1ère et Terminale ; - permettre aux élèves de découvrir un lieu ressource de proximité pour les inciter à y retourner d’eux-mêmes : la Maison du Portugal André de Gouveia à la Cité Internationale Universitaire de Paris (CIUP), lieu incontournable du rayonnement de la culture portugaise abritant également la Bibliothèque de la Fondation Calouste Gulbenkian. Et leur offrir à cette occasion la chance de rencontrer deux chercheurs du projet Eximus avec lesquels dialoguer ;
- enfin, les inciter à s’approprier de nouvelles connaissances, à les mettre en perspective avec celles déjà acquises (en cours de portugais et ailleurs) et à mobiliser des compétences langagières et transversales pour réaliser une courte production orale en portugais.
A l’issue de la visite de l’exposition, visite guidée par Agnès Pellerin et Manuel Deniz Silva, chercheurs du projet EXIMUS (INET-md, NOVA-FCSH), les élèves devaient en effet réaliser, en portugais, un court reportage sur l’exposition, à travers le prisme d’une chanson de leur choix et en faisant le lien avec d’autres chansons. Il s’agissait de produire un reportage audio ou audiovisuel en se mettant dans la peau d’un reporter.
Des exemples de reportages de ce type avaient au préalable été analysés en classe sur d’autres sujets. Les élèves de 1ère et Terminale avaient, par exemple, réalisé l’année précédente un reportage sur une installation du street’artist Glaçon à l’occasion du 50e anniversaire des indépendances des ex-colonies portugaises d’Afrique.
Lors de la visite de l’exposition, les élèves ont pu s’appuyer sur une fiche d’aide au recueil de matériel pour reportage (à télécharger ici). Contraints par le temps, plusieurs élèves ont pris des photos des panneaux d’affichage à l’issue de l’échange avec Agnès Pellerin et Manuel Deniz Silva, afin de compléter leur fiche ultérieurement.
La mise à disposition dans l’exposition de QR codes renvoyant aux extraits de chansons – dont certains ont été diffusés durant la visite guidée -, et les chansons abordées en amont en classe, leur ont permis de faire un choix guidé par leur sensibilité et leurs centres d’intérêts.
[Delphine envoie exemplaire de fiche complétée par élève]
Les travaux ont ensuite été évalués selon des critères annoncés en amont par leur professeure.
Voir la fiche d’évaluation réalisée par l’enseignante (à télécharger ici).
Nous vous invitons ci-dessous à consulter quelques-uns des travaux réalisés dans ce cadre par les élèves qui se sont révélés, dans l’ensemble, très motivés par ce travail.
Merci de votre bienveillance pour leurs éventuelles erreurs, confusions ou maladresses, qui font pleinement partie de l’exercice !
Les fichiers audio et audiovisuels sont cédés par les élèves et leurs représentants légaux dans le cadre du respect du droit à la voix.
Extraits sonores (mise en ligne prochaine.)
Les élèves qui n’avaient pu être présents à la visite ont été invités par leur professeure à travailler sur les chansons au Brésil durant la période de la dictature.
Extraits sonores (mise en ligne prochaine.)
La consigne peut être adaptée à des publics de niveau très modeste en portugais ou à des élèves bénéficiant d’aménagements au titre du handicap. A titre d’exemple, des élèves à besoins spécifiques se sont concentrés sur un portrait d’artiste ou la simple présentation d’une chanson.
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Ces échanges avec l’équipe pédagogique, l’accès donné à ces travaux d’élèves ont été précieux aux chercheurs du projet EXIMUS pour comprendre la diversité des appropriations possibles aujourd’hui de ces chansons historiques. Ils ont permis de souligner plusieurs points, par exemple :
Sur Grândola Vila Morena et l’ouverture du sens du mot « povo » :
La possibilité de comprendre le vocable « O povo » du célèbre vers de Grândola Vila Morena « O povo é quem mais ordena » (« C’est le peuple qui commande » non pas avant tout comme « le peuple » mais comme « les habitants » (de la ville de Grândola).
Cette question est au cœur de la dimension politique (mais non censurée par le régime) de cette chanson devenue emblématique du coup d’Etat du 25 Avril 1974.
Sur Le Ballon et le double exil
L’opportunité de souligner le « double exil » géographique qui caractérise la chanson A Bola : en effet non seulement son interprète et le compositeur de sa musique, Luís Cília était exilé à Paris, mais l’auteur de son poème, l’açorien Jonas Negalha, était exilé au Brésil.
Sur Le Ballon et la question : « image » ou « métaphore » ?
L’importance de clarifier, en ce qui concerne cette chanson, qu’elle a été inspirée, aussi atroces soient les faits qu’elle décrit, par des photographies de la guerre et donc par des faits réels. Il ne s’agit pas d’une métaphore ou d’un jeu d’enfants.
Sur Que força é essa : anachronismes utopiques ?
La possibilité (non nécessairement anachronique finalement ?) que Sérgio Godinho ait imaginé, dès 1971, une version féministe de Que força é essa … sans attendre la chanteuse Capicua, née en 1982!